Anarchie

Anarchie définitions

Daniel COLSON

« L’anarchie n’est pas d’abord en aval, dans un avenir indéterminé, mais en amont et comme déjà là, et ceci à travers deux visages distincts et pourtant indissociables. L’anarchie renvoie tout d’abord à sa signification à la fois la plus ordinaire, celle de désordre et de confusion, mais aussi la plus savante, celle d’absence de principe premier (an-arkhé). L’anarchie c’est le multiple, la multiplicité infinie et la transformation incessante des êtres, le fait que toute chose est constituée d’une multitude infinie de forces et de points de vue en perpétuel changement, d’une multitude infinie de modes d’être et de possibles qui s’entrechoquent, se composent, se défont et se détruisent sans cesse, en aveugles, et qui exigent sans cesse des mises en ordre oppressives et coercitives où certains dévorent, exploitent et asservissent les autres, se dressent au-dessus d’eux, à la manière du Capital, de l’Etat et de la Religion, en provoquant de nouveaux troubles, de nouvelles révoltes et de nouveaux combats, le plus souvent tout aussi aveugles et désespérés. Bref, l’anarchie dans sa première acception, c’est cette histoire pleine de bruits et de fureurs, racontée par des fous à des idiots, dont parle Shakespeare, l’histoire que chacun vit tous les jours, qu’il constate sans cesse en lui et autour de lui et que les mises en ordre de la science, des livres d’histoire, des cartes d’identité, de la morale et des prescriptions religieuses, malgré leurs mensonges, leurs simplifications et leur violence, ne parviennent jamais à masquer complètement. » Daniel COLSON1

Par la fédération anarchiste

Notre idée de l’ordre repose sur l’entente (principe de liberté opposé au principe d’autorité) et l’entraide (principe de coopération opposé au principe de compétition). Au contraire, les autres propositions d’organisation de la société – socialisme, libéralisme, marxismeY – ont toujours octroyé à une minorité de privilégiés le droit de gérer la société à la place des concernés et pour leur propre profit. Ce mode de gestion porte un nom : l’État. L’État est l’expression politique du régime économique auquel est soumise la société. Il permet et justifie l’oppression et l’exploitation de l’humain par l’humain : il confisque à l’individu son pouvoir – de manière hard en dictature par la répression, de manière soft en démocratie par les élections – et met ce pouvoir au service des forces économiques dominantes (gestion de la paix sociale, soutien financier aux entreprises, législation organisant la course aux profits, adaptation des services publics [école, transports…] aux besoins de la compétitivité du capital…). L’État, à force d’être omniprésent, finit par se superposer à la société, et tente de faire croire qu’en dehors de lui, elle ne saurait fonctionner. Cette illusion est d’autant plus pathétique que l’État constitue de fait un groupe social à part entière, coupé des réalités des individus et des autres groupes sociaux. Il ne sert qu’à maintenir l’ordre (fonctions législative et répressive) au service des intérêts des classes dominantes, qu’on les nomme patronat, bourgeoisie, technocratie ou nomenklatura. Pour justifier l’exploitation et la domination, l’État (secondé en cela par la religion) s’appuie sur une morale loi-de-la-jungle dégradante et humiliante pour l’être humain. Et même, s’il lui arrive de condamner les manifestations les plus brutales de ces « valeurs » de la lutte de chacun contre tous, l’État n’émet jamais de critique de fond ni ne propose d’autre modèle que ceux appartenant au passé, patriarcal, conservateur, hiérarchique et caritatif. Les anarchistes refusent ce modèle de société, négation de l’individu et de ses aspirations humaines. Ils cherchent par tous les moyens à montrer qu’il est possible et souhaitable de vivre dans une société égalitaire, gérée directement et librement par ses diverses composantes : individus, groupements sociaux, économiques, culturels, et ce dans le cadre du fédéralisme libertaire.2

Modèle économique et organisationnel

Une organisation politique libertaire est-elle possible ?

Les critiques adressées par Proudhon à Marx et le débat ayant opposé Claude Lefort à Cornélius Castoriadis éclairent la question de l’organisation telle qu’elle se pose au sein de la galaxie altermondialiste.3

L’organisation de l’économie dans une société anarchiste

Utopie ou réalisme Il importe de nous poser d’abord la question de principe : est-il nécessaire et opportun de présenter, d’une façon plus ou moins précise, l’organisation de la société à venir ? Les libertaires répondirent toujours par l’affirmative, et tentèrent de scruter l’avenir. Les marxistes, par contre, refusèrent d’aborder le problème, dissimulant leur manque d’idéal et d’imagination derrière un soi-disant matérialisme historique et nous qualifièrent d’utopistes. En réalité, il n’y a de meilleur réalisme que celui des révolutionnaires qui, en critiquant la société actuelle, avancent une idée précise de celle qui doit la remplacer.4

La commune – modèle d’organisation sociétale

La Commune de Paris a annoncé un nouveau modèle de société. Aujourd’hui nous ne nous y intéressons pas seulement pour commémorer cette épopée prolétarienne, mais surtout pour en tirer des enseignements pour l’avenir.5
  1. http://1libertaire.free.fr/DColson48.html 

  2. http://libertaire.pagesperso-orange.fr/anar1.htm 

  3. https://www.contretemps.eu/organisation-politique-libertaire-est-elle-possible 

  4. http://serpent-libertaire.over-blog.com/2014/09/l-organisation-de-l-economie-dans-une-societe-anarchiste.html 

  5. http://monde-libertaire.net/?article=Lavenir_de_la_societe 

Etat de la musique

« En un claquement de doigt, la musique autrefois rare, chère, et uniquement disponible sur support physique, est devenue gratuite et disponible partout. Quelle évolution fantastique! Un avis que ne partagent pas beaucoup d’acteurs de l’industrie affirmant à quel point il est terrible de partager la musique, criant ni plus ni moins qu’au vol… Ce ne sont que des conneries, et nous allons voir pourquoi dans une minute. »

« je ne crois pas que contrôler aille dans le sens du bien public, contrairement au fait de laisser la création s’en remettre à la propriété publique. »1


  1. http://www.mowno.com/articles/steve-albini-le-probleme-est-resolu/ 

Etat d’urgence – le déni démocratique

Inscription de l’état d’urgence dans la constitution

Le Conseil constitutionnel valide l’essentiel des dispositions de l’état d’urgence.1

un peu d’histoire

1955-2015 : ce que nous avons à craindre de l’état d’urgence. L’état d’urgence a été voté en 1955, pendant la guerre d’Algérie. Rappelant à ses opposants de l’époque le régime de Vichy, ses conséquences furent terribles. Comment ne pas craindre qu’elles le soient une nouvelle fois aujourd’hui?2

La lâcheté irresponsable des carriéristes politiques

Isabelle Attard est députée « citoyenne » du Calvados. Elle a récemment quitté EELV puis Nouvelle Donne. Elle est l’une des six députés à avoir voté contre la loi de prolongation de l’état d’urgence. Elle s’explique sur Reporterre.34


  1. http://www.politis.fr/articles/2016/02/le-conseil-constitutionnel-valide-lessentiel-des-dispositions-de-letat-durgence-34158/ 

  2. http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/21/1955-2015-avons-a-craindre-letat-durgence-262204 

  3. http://www.reporterre.net/A-l-Assemblee-nationale-ces-derniers-jours-j-ai-eu-honte 

  4. http://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/%28legislature%29/14/%28num%29/1191